De la difficulté d’écrire sur soi, il me semble s’ajouter celle de se connaître soi-même. Écrire un autoportrait, c’est écrire par ricochet ce que l’on contemple dans le reflet du miroir, lorsque l’on se tient devant. Je crois avoir témoigné ces dernières années d’une certaine volonté de me tenir fixement devant la glace, pour justement briser celle qui me séparait de la connaissance de moi. L’écriture et le voyage m’y ont aidé.
Aujourd’hui, je pense être débrouillard et combatif, compliqué et torturé. Je suis triste et souris beaucoup. La philosophie me plaît. Je me retrouve dans les écrits et le discours hédonistes. Je suis idéaliste et ai le fatalisme malheureux. J’espère être honnête, avec moi-même surtout, et me rêve d’être bon en amitié comme en amour. J’apprécie la difficulté et salue ceux qui n’en ont pas le choix. Je crois être égoïste parfois, mais ma générosité me rattrape souvent. J’aime fuir les obligations, les règles de bienséance et quitter le monde qui m’entoure pour trouver un ailleurs que je ne connais pas, avec la conviction que je m’y sentirai mieux. J’aime la découverte. J’aime les cheveux dans le vent et les couchers de soleil. Je n’aime pas les levers de soleil, car ils mettent en lumière l’horreur du monde et la torpeur des corps épuisés de la veille. J’ai peur de vieillir et passe mes anniversaires à ruminer, car la vieillesse est une sagesse sans saveur. J’aime mon grand-père et sa folie. J’aime la folie et les incompris. Les animaux et les politiques me fascinent. Je ne crois pas en l’égalité des hommes, ni au déterminisme naturel. Je crois que des différences naissent les inégalités et que l’homme a tué la fraternité sur l’autel de son égoïsme. Je crois enfin que l’homme ne descend pas du singe mais plutôt du mouton.
Je ne sais pas si je suis quelqu’un de bien ni si j’ai envie de l’être. J’attends simplement que la liberté nous gagne et que tout le monde soit heureux.
VP