Cri des Carmes

Cultiver ce putain de jardin

On appelle ça la beauté de l’être
Mais moi, je suis de ces gens
À ne considérer que peut-être
La poésie est l’assassine du sang

Du sens dans mes mots
Quand les maux brûlent sous nos yeux
Mettre la flamme dans le beau
Mettre le feu entre nous deux

Nos âmes que je vois, fuyantes
Dans la nuit bleue de nos peines
Me rappellent alors que la détente
Même ne suffit à assouvir les tiennes

Peut-être, eus-je cru, un jour
Chanceler pour un sourire
Que les mœurs, toujours
Feignent ou fendent les cœurs de rire

Je vois la beauté, pourtant
De nos jeunesses immondices
Quand l’espace même d’un instant
Le frisson me parcourut de malice

Mais je crois que la beauté du cœur
N’est autre que cette parole poésie
Que l’espoir de l’éphémère
A converti en baisers qui rient

Nous nous reverrons dans les méandres
Sans doute, de la passion partie
Celle qui font des dieux et des cieux
Des paradis de l’invécu infini

Non, je ne vois pas cela comme une fin
Que celle d’enlacer à nouveau
La possibilité de t’éteindre
La possibilité de m’éteindre

Mon étreinte muette
Ou craquer l’allumette
Partir sans un bruit
D’un baiser qui nie

La beauté de l’être
Et la beauté du cœur

VP

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