Ton corps chantait la partition divine de mon cœur
Ton esprit menait le combat de ma passion pour notre chanson
À eux deux, ils donnaient le sens aux maux et aux odeurs
Ce que jamais les mots n’expriment, dans le fond
Hier soir, les chœurs se sont élevés au-dessus de la voix
Et tes notes envolées au-dessus de ma portée, de moi
Mon Dieu, qu’avons-nous fait de cette foi ?
Celle que nous réservions à l’autre, sans imaginer loi que ce soit
J’ai prié les cieux pour que ta mélodie me revienne
Comme un murmure scintillant au creux de l’oreille
Que l’on glissait comme un poème pour éveiller soupçon, autrefois
Sous la chair brûlante de nos draps
Vois s’envoler la parole-poésie telle une petite note
Sucrée par le chagrin de nos tristes pleurotes
Vois partir le temps des amourettes épistolaires
En même temps que ce sont flinguées nos cœurs-émissaires
Ce n’est plus qu’un petit bruissement que j’entends
Que je sens goutter en-dessous de ma poitrine
Non plus le tambour majestueux des amants
Mais le temps lourd qui fait et s’est fait les autres gens
J’aurais aimé que l’on porte nos voix plus haut encore
Comme on demande au ciel pourpre l’écarlate
Que la brume a brouillé tant elle a pesé sur nos cœurs
Jusqu’à rendre nos cieux et ton visage disparates
J’aurais aimé que l’on porte nos voix plus haut encore
Comme on demande au ciel pourpre l’écarlate
Serti dans des cieux d’argent, d’opaline ou de platine
Servi sur un plateau d’or, de diamants ou d’amants
J’aurais aimé que l’on porte nos voix plus haut encore
Comme on demande au ciel pourpre l’écarlate
Mais je retrouve mes cieux promis de mélancolie et de désespoir
Et vois nos vies replonger dans leur ordinaire dortoir
Demain, s’envolera depuis la colline le chant des oiseaux
Demain, se perdra dans la vallée nos souffles, en écho
Demain sera seulement toi ni moi
Demain, solitude sur nos cyniques promesses vaincra
Fini le temps de ces fruits rouges qui ressemblent à des cœurs
Finis, dans les bras de l’autre, les rires et les pleurs
Fini le temps que l’on se volait
Le temps reprend ce qu’on lui a laissé
VP